Andy Kassier a créé une performance sur Instagram baptisée Success is just a smile away, se moquant de la quête du selfie idéal, susceptible de rapporter le plus de "like" possible. Par le biais de "tuto", l’artiste pousse notre soif d’autopromotion jusqu’à la caricature. De son côté, la chanteuse américaine Dolly Parton s’est fait remarquer en lançant un challenge repris par d’autres stars américaines et par le grand public, mettant en évidence les codes auxquels l’utilisateur doit se plier pour correspondre aux différents réseaux (portrait "professionnel" et sérieux sur LinkedIn, décontracté et familial sur Facebook, sexy sur Tinder ou plus glamour sur Instagram…).
"Le Dolly Parton challenge ne parle pas beaucoup aux participants, précise Sophie Clément. Il est intéressant de constater qu’ils ne vont sur (presque) aucun de ces réseaux sociaux "classiques". A leur âge, ils n’ont pas encore conscience de devoir adopter des profils différents selon les plateformes. Ils ont l’impression de toujours être "eux-mêmes", ne ressentent pas la nécessité de devoir particulièrement s’adapter à un contexte." Mais Celeste Barber, "actrice, comédienne, auteure et dame", critiquant le manque de diversité dans la représentation de la beauté féminine, rencontre un franc succès chez les participants. Son travail provoque des rires et délie les langues.
L’atelier s’achève en évoquant la protection des données, monétisées par des courtiers qui les analysent pour en tirer profit. Difficile de connaitre ses droits, dans la jungle des règlements édictés par les géants du numérique, comme le montre l’artiste Dima Yarovinsky avec son installation I agree, déroulant les interminables conditions générales que l’utilisateur des plateformes est censé lire et doit in fine accepter.