Si des courants d’air s’infiltraient dans la maison de maître du XVIIIe siècle qu'occupera encore l'Elysée jusqu'à la fin du déménagement, l’isolation du bâtiment dernier cri de PLATEFORME 10 sera synonyme d’économies d’énergie. "Le climat sera contrôlé au degré près", précise Yannick Luthy, muséographe adjoint, qui a repris le flambeau de l’écoconception. "Couplée à un éclairage LED, notre gestion énergétique sera nettement améliorée."
Situé à deux pas de la gare de Lausanne et d’une piste cyclable, la mobilité douce sera également au rendez-vous. "Le déplacement des visiteurs est généralement ce qui pèse le plus dans le bilan carbone d’une exposition, affirme Pauline Martin. Grâce à cette proximité avec la gare, et à l’absence d’un parking, l’usage des transports publics sera encouragé." Si l’empreinte carbone du Musée de l’Elysée n’a pas encore été calculée, Yannick Luthy estime qu'"un défi à venir sera l’élaboration d’un outil permettant de prévoir le coût écologique de chaque exposition, en plus d’un bilan carbone général."
Mais toute transition trébuche par moments. L’origine des pigments présents dans les encres écologiques, par exemple, demeure opaque. "Pour reGeneration4, nous avons pensé utiliser des encres périmées. Mais cela aura nécessité un nettoyage des buses entre chaque utilisation et un recalibrage fréquent du papier, ce qui est trop coûteux…", éclaire Yannick Luthy. Malgré les embuches, l’équipe garde espoir. "reGeneration4 est un premier pas et nous avons encore du chemin à faire. A terme, on souhaiterait transformer la liste de gestes écoresponsables en charte écologique", se réjouit-il.