Lancé en 2014, le Prix Elysée, décerné par un jury international, a justement pour but de permettre à des créateurs à mi-carrière de réaliser un livre. Kurt Tong pourra, au sein d’une entreprise collective, avec un éditeur, des graphistes, un directeur artistique de son choix, continuer de donner corps à Dear Franklin et réinventer notre façon de raconter l’Histoire : "Avec ce qui se passe à Hong-Kong depuis deux ans, les gens se focalisent sur les événements immédiats et oublient d’où ils viennent. Dear Franklin parle exactement de cela et reflète ce qui s’est produit 70 ans plus tôt, à la génération de mon grand-père."
La fameuse malle scellée de Franklin existe-t-elle ? Qu’importe, Kurt Tong la fait exister pour nous. Une histoire est réinventée chaque fois qu’elle est racontée, rappelle l’artiste. Alors, pour toucher intimement le spectateur et l’engager émotionnellement, le photographe se fait romancier, archiviste, poète, historien… Il passe allègrement les frontières entre les genres pour mieux faire parler les fantômes.
Une rencontre publique avec Kurt Tong, animée par Lydia Dorner, a lieu mardi 22 juin à 18h sur la page Instagram du Musée de l’Elysée.
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Julien Burri
Cet article a été rédigé pour L’Elysée hors champ, un journal en ligne réalisé en partenariat avec le journal Le Temps lors de la fermeture du musée pour son déménagement à Plateforme 10. L’Elysée hors champ était actif de septembre 2020 à décembre 2022.