Nathalie Choquard l’assume, elle n’était pas une spécialiste du 8e art. Mais elle apprend vite, et surtout, elle a d’autres atouts. Le fonctionnement d’une librairie, c’est son rayon. Avec la bénédiction du directeur de l’époque, elle s’empresse donc d’apporter des solutions de gestion efficaces, avec une base de données qu’elle utilisait avant d’arriver à l’Elysée. Et en contrepartie, elle se familiarise avec la photographie. Conseiller de la littérature, c’est une chose, trouver la perle rare parmi les livres photo, c’en est une autre: "C’est une approche différente, on ne vient par exemple que très rarement me demander un titre précis. On me transmet plutôt une thématique assez générale avec laquelle je dois composer. Mais j’adore deviner ce que les gens aiment et leur faire des propositions."
C’est donc par sa propre initiative qu’elle s’intéresse à ceux et celles qui façonnent les livres qu’elle vend. Elle se met à voyager en Suisse, mais aussi à l’étranger, à Paris Photo, aux Rencontres d’Arles, pour aller s’inspirer de ce qui se vend et se fait ailleurs. Car le marché du livre se porte bien, presque trop de son propre aveu. Le numérique n’a en effet pas (encore) supplanté le toucher et la graphie des pages qui se tournent: "Les galeries et les expositions, ça ne dure qu’un temps. Presque tous les photographes veulent leur livre!"