"On a d’abord rangé les réserves, car beaucoup de pièces n’avaient pas de statut, poursuit la conservatrice. Ça a pris plus de temps que ce qu’on pensait initialement." Parallèlement, les collections ont été triées par format, afin que chaque boîte de protection soit aux dimensions de leur contenu, alors que parfois des images de dimensions éparses étaient rangées ensemble, d’où la difficulté de les caler et de les protéger correctement. Le reconditionnement de certaines pièces devrait ainsi aboutir à une augmentation de 20 à 30% du volume de stockage. A cela s’ajoute l’accroissement régulier des collections à travers les politiques d’acquisition et de donation du musée. La conservation n’est pas une science exacte et exige une vision prospective.
Une fois les espaces publics de l’Elysée fermés, les équipes pourront occuper plus de place. A l’heure actuelle, un chantier de récolement occupe une partie du dernier étage – il est d’ailleurs visible derrière une vitre – mais il est forcément un peu à l’étroit. "On va pouvoir commencer à palettiser une partie des fonds, se réjouit Carole Sandrin, afin qu’ils soient prêts à être transportés." Mais le déménagement ne se fera pas dès que le nouveau musée sera achevé. "Nous aimerions avoir une année de lecture climatique des nouvelles réserves avant d’amener tous les fonds. Il s’agit d’une mesure préventive afin de voir, au fil des saisons, comme le bâtiment s’adapte."
Par Stéphane Gobbo
Cet article a été rédigé pour L’Elysée hors champ, un journal en ligne réalisé en partenariat avec le journal Le Temps lors de la fermeture du musée pour son déménagement à Plateforme 10. L’Elysée hors champ était actif de septembre 2020 à décembre 2022.