Répartie dans 49 boîtes bleues, la "base de données" d’Ella Maillart prend la forme d'une cartothèque bien rangée, qui légende et situe chaque photographie. "Elle était extrêmement organisée, cela nous a facilité la tâche", affirme Pascale Pahud. Le premier directeur du Musée, Charles Henri-Favrod, semblait du même avis. "J’ai rarement vu [des négatifs] aussi bien maîtrisés: ils ont tous une fiche, avec un tirage de travail et une légende très complète", écrivait-il dans La Vie immédiate (1991).
Une telle rigueur va de pair avec un travail de valeur historique et documentaire. "Ella Maillart ne se considérait pas comme une photographe, mais comme une écrivaine-voyageuse", précise Pascale Pahud. "La photographie lui permettait de documenter le monde, et de garder un souvenir précis de ses voyages." Si son Leica faisait office de journal de bord, les archives qu’elle confie n’en sont pas moins surprenantes: "Son fonds est non seulement un des plus conséquents du Musée de l’Elysée, mais il révèle aussi l’œil d’une photographe."