Les besoins spécifiques auxquels le musée est conduit à répondre sont extrêmement variés: le défi consiste donc à trouver un compromis, qui permettra d’enrichir l’expérience de visite des uns sans entraver celle des autres. Chemin faisant, l’institution peut s’appuyer sur sa charte d’accessibilité, qui définit les principes d’inclusivité et cite les normes à respecter d’une exposition à l’autre. Dans un souci d’ouverture et d’échange, la charte est continuellement mise à jour au fil des expertises réalisées au sein du musée par des spécialistes de l’accessibilité.
Parmi les mesures pratiques mises en place en amont de l’ouverture de Photo Elysée, on trouve notamment l’ajout d’un onglet "accessibilité" sur le site. "Il est nécessaire de rassurer une personne en situation de handicap moteur, par exemple, en lui communiquant que le musée dispose de sièges pliants pour personnes fatigables, de chaises roulantes, d’ascenseurs normés, de toilettes adaptées." De la même façon, on aura pris soin d’indiquer aux personnes malentendantes que Photo Elysée est équipé d’une boucle magnétique, et que les visites guidées publiques leur sont dès lors ouvertes. "On n’imagine pas combien il peut être anxiogène pour une personne en situation de handicap de ne pas savoir comment elle sera accueillie sur place", souligne Chloé Andrieu.
Autre détail que l’on remarque en découvrant les collections: la hauteur des œuvres, qui plafonne systématiquement aux alentours de 1 mètre 50. Plusieurs experts s’accordent sur les vertus de cette élévation, qui permet aux enfants, au public en fauteuil roulant ou encore aux personnes de petite taille de profiter de l’exposition, sans pour autant que leur confort s’obtienne au détriment de celui des personnes de très haute taille. À propos du jeune public, Chloé Andrieu désigne une image présentée dans l'exposition des collections : une photographie particulièrement choquante de prisonniers irakiens malmenés par des gardes américains. Le cliché dispose de son propre cache, et l’équipe du musée prend toujours soin de le dissimuler aux yeux du public lors des médiations scolaires. "Même lors de tours guidés avec un public adulte, j’ai à cœur d’avertir les visiteurs que cette image peut heurter leur sensibilité. La censure n’a bien évidemment pas sa place dans un musée, et il est nécessaire de pouvoir tout montrer sans fard. Mais le dévoilement de réalités aussi crues doit être accompagné de prévenance et d’attention, pour respecter l’intégrité émotionnelle de chacun. C’est aussi ça, l’inclusivité. Nous sommes à l’écoute du public et menons une recherche constante pour mieux faire."