D’autres problématiques entrent également en jeu afin d’éviter les fluctuations, notamment concernant le système de mesure. Les réserves seront équipées de sondes extrêmement précises fonctionnant au demi-degré près. Leur emplacement est crucial afin que la température corporelle des employés ne perturbe pas les relevés de chaleur et d’humidité. Pour cela, le Musée de l’Elysée a la chance de pouvoir profiter des connaissances acquises durant la construction du Musée cantonal des beaux-arts, son futur voisin. "Le MCBA possède des locaux similaires, avec le même genre de mesures relevées 24 heures sur 24, précise Emmanuel Ventura. Nous avons donc pu éprouver la procédure en cas d’écart de température et de signal d’alarme, quel protocole il faut mettre en place, qui doit intervenir en premier, etc." Et tout comme le MCBA, les réserves du Musée de l’Elysée bénéficieront elles aussi d’un système dit "de redondance", afin d'assurer à tout prix le maintien des climats. "Un groupe électrogène interne prend le relais en cas de panne. Si pendant un certain laps de temps le système n’a toujours pas été réparé, c’est un autre groupe électrogène, mobile cette fois-ci, qui vient directement sur le site de PLATEFORME 10, où il est branché sur une prise à l’extérieur du bâtiment."
Plongées au sous-sol de PLATEFORME 10, les réserves seront sécurisées grâce à un système de surveillance haute technologie, avec contrôle à chaque entrée et sortie des œuvres. Un protocole digne de film d’espionnage pour protéger ce qui s’apparente effectivement à un véritable trésor. Les réserves verront également leur volume tripler, passant de 1412 à 4560m3. Pour le moment, elles sont en chantier et devront attendre encore un peu avant d’intégrer leurs locaux flambants neufs. Mais cela n’empêche pas le Musée de l’Elysée de penser déjà au futur à (très) long terme. "Aussi performants que seront nos nouveaux espaces, ils ne pourront pas être extensibles. Nous avons environ 30 ans de marge avant de les remplir entièrement. Mais tout va aussi dépendre de nos acquisitions et de la part des réserves qui sera sous format numérique", explique Nora Mathys. Mais 2050, c’est encore loin. Plus proche de nous, quelque part au niveau -2 du nouveau Musée de l’Elysée, les ouvriers sont en train de poser l’isolation de ces futures réserves, qui mettront quatre saisons avant de proposer des climats totalement stables. Les collections ne seront ainsi pas déménagées avant début 2023.