Durant les préparatifs du fonds, Mélanie Bétrisey a régulièrement visité l’appartement parisien du photographe et de sa seconde femme, Clotilde Blanc-Burri, à Ivry-sur-Seine. "L’homme est aussi généreux que son œuvre, décrit-elle, avant d’ajouter avec un sourire: et plutôt taquin". Elle se remémore un dîner dans un prestigieux restaurant: "A peine étions-nous attablés qu’il m’a donné un léger coup de coude et s’est mis à dessiner sur son assiette, avant de tout effacer avec sa serviette."
Parcourir le fonds René Burri, c’est se plonger dans l’intimité du personnage. "A travers son œuvre, on est plus proche de l’homme que du photographe", poursuit Mélanie Bétrisey. De fait, qu’il s’agisse de son acte de naissance, de billets d’avion ou de cartes de voyages, le Zurichois collectionnait tout. "Nous avons plus de 100 kilogrammes d’archives papiers", précise-t-elle avant d’évoquer le vertige qui l’a saisie en pénétrant pour la première fois dans l’atelier du photographe: "C’était un réel bric-à-brac de boîtes, de diapositives et d’objets variés rapportés de voyages. Il s’entourait de son œuvre comme s’il s’agissait d’une matrice créative."