C’est reparti pour une nouvelle édition des Prix suisses de design qui offre des bourses et des mesures de soutien à l'art depuis 1917. Je fais partie de ce jury fédéral depuis 2016 et suis très fière de cette reconnaissance des compétences du Musée de l’Elysée, et de servir par ce biais nos valeurs et notre mission de soutien à la photographie contemporaine. J’ai ma petite idée de qui proposer pour la catégorie "Photographie 2020", mais chut…, je ne dis rien pour l’instant.
La construction de notre bâtiment commun avec le mudac (Musée de design et d'arts appliqués contemporains) à PLATEFORME 10 avance. Le récolement et le conditionnement des œuvres de nos collections également, mais quels chantiers ! L’agenda de notre ouverture à côté de la gare se précise. Mais comme pour tout nouveau-né, il faut lui trouver un nom pour le définir. Il n’est pas facile de relier le passé au présent, le présent au futur et le futur au passé pour qu’aucun de nos anciens amis et partenaires ne se perde en chemin lors de notre métamorphose. Toute l’équipe, vraiment riche de talents et très créative intra et extra muros, n’est pas de trop afin de réfléchir à ce rebranding. Elle est guidée par des professionnels pour canaliser les idées et aider à mettre notre bébé au monde. On dit que trop de cuisiniers autour des fourneaux gâchent la sauce. Ce n’est pas toujours vrai. Les contributions des uns et des autres sont précieuses, car elles sont l’écho d’un même univers, mais décliné dans toutes ses dimensions, dans toutes ses perceptions.
Entre temps, je continue à arpenter le monde à la rencontre de collaborations, de partenaires et d’artistes désireux de nous accompagner dans la belle aventure de la naissance du quartier des arts. Le dernier voyage m’a conduite à Düsseldorf où Andreas Gursky, photographe et professeur à l'académie des beaux-arts, se lancera avec quelques étudiants à la conquête du public romand avec un projet très prometteur que je proposerai au prochain Comité des expositions.
Nous allons de l’avant, nous préparons toujours l’avenir et nous nous réjouissons chaque fois des moments de partages à venir autour des expositions que nous dévoilons à nos publics. Mais je ne sais pas pourquoi, une sorte de frénésie est palpable dans l’air. Mon agenda s’alourdit encore, et de manière conséquente. Peut-être que le diable ne suffira pas et qu’il faudra plutôt penser à un transpalette. Heureusement, Fenia, futur chien-guide pour aveugles, de passage au musée jusqu’à la fin de l’année, me prête parfois son dos en guise d’oreiller pour les siestes éclairs sur la moquette de mon bureau qui me permettent de tenir bon d’un bout à l’autre de très longues journées.
Propos recueillis par Laurence Hanna-Daher
Tatyana Franck
Cet article a été rédigé pour L’Elysée hors champ, un journal en ligne réalisé en partenariat avec le journal Le Temps lors de la fermeture du musée pour son déménagement à Plateforme 10. L’Elysée hors champ était actif de septembre 2020 à décembre 2022.