Jouxtant son bureau, une montagne de cartons. On déménage? «Pas avant encore un an, sourit Charlotte Jud. Ces boîtes appartiennent au fonds du galeriste suisse Kaspar Fleischmann. Sa collection compte plus d’un millier d’ouvrages… et 45 cartons!» Appréciant la lecture, mais ne se qualifiant pas pour autant de "rat de bibliothèque" ni d’"experte en photographie", la jeune femme explique que son métier ne lui est pas apparu comme une évidence.
A 17 ans, elle quittait le nid familial pour Lausanne afin d'entamer une formation en santé. Son souhait: devenir infirmière, à l’instar de sa mère et de sa grand-mère. "Mais je me suis vite rendu compte que cette voie ne me convenait pas, explique-t-elle. J’avais besoin d’indépendance et d’un environnement de travail calme." Elle se lance alors dans un CFC d’agente en information documentaire (AID) à la Bibliothèque de Pully. C’est un stage de deux mois, en 2017, qui lui ouvrira les portes de la bibliothèque du Musée de l’Elysée. Elle s’y plaît immédiatement.
"L’atmosphère ici est apaisante. J’aime cette sensation d’être entourée d’archives précieuses qui hibernent en attendant d’être redécouvertes par des chercheurs et des photographes", dit-elle en balayant les étagères du regard. Mais les visiteurs sont rares. "Contrairement aux bibliothèques publiques, l’accès est réservé aux chercheurs académiques et aux professionnels de la photographie. En principe, je n’ai qu’une seule visite par mois." Ne se sent-elle pas seule? "J’apprécie cette bulle, j’y ai trouvé mon rythme, ma routine", assure-t-elle.