Camille Gharbi dénonce la culture du viol
Photo Elysée · #4 – Camille Gharbi Dans son studio d'artiste parisien, Camille Gharbi aborde les thèmes lourds de la sexualité et de la violence, en particulier dans les relations où la…
La Fondation Fiminco et Plateforme 10 s’associent pour présenter Rester vivant(e), une exposition réunissant des artistes issus de la scène contemporaine française et suisse, explorant les multiples formes de résistance, de transformation et de vitalité du vivant.
Face à un monde marqué par la surconsommation et l’accélération permanente, l’exposition Rester vivant(e) propose de ralentir et de regarder autrement. Elle met en avant des formes de création qui remplacent la performance par la robustesse, et la domination par l’attention. À travers des gestes simples, le son, les matériaux transformés et les récits de territoire, les artistes développent des pratiques sensibles. Elles invitent à écouter, à observer et à prendre le temps. Ici, la fragilité n’est pas une faiblesse, mais une force de transformation collective.
Ce projet s’inscrit dans la collaboration entre Plateforme 10, institution culturelle et quartier des arts à Lausanne, et Paris. L’exposition à la Fondation Fiminco est le fruit d’une résidence d’artistes sélectionnés par les 3 musées que regroupe Plateforme 10 (Photo Elysée, le MCBA Musée Cantonal des Beaux-Arts et le mudac Musée cantonal de design et d’arts appliqués contemporains).
Invité·e·s par Photo Elysée :
Santiago Martinez Benedetti – Feuille, Caillou, Ciseaux
Johanna Hullár – Moving Waters, Shifting Horizons, Black Water et Ice Sculpture
Invité·e·s par le mudac :
Julie Semoroz – In Between et The Living Committee
Stephan Zimmerli – Studiolo de l’Exil (VII) Romainville, Studiolini (Florence / Berlin / Lyon / Caen / Paris) et Theatrum Exilii Orbis Terrarum (mappa mundi)
Invité·e·s par le MCBA :
Séverin Guelpa – Souffle et La ligne de vie
Sophie Ballmer et Tarik Hayward – Fontaine, Road movie, Fenêtres, Invasive Species
Moving Waters, Shifting Horizons est une installation immersive qui explore notre relation à l’eau. Ressource vitale et fondement de tous les écosystèmes, l’eau est aujourd’hui confrontée à des défis majeurs : fonte des glaciers, vagues de chaleur, inondations, montée du niveau des mers et raréfaction de l’eau potable.
À travers une approche mêlant photographie, vidéo et sculpture, Johanna Hullár invite à un voyage sensoriel où les images se métamorphosent sans cesse. En revisitant la tradition de la nature morte, Moving Waters, Shifting Horizons est un parcours à travers différents chapitres, au sein desquels des écosystèmes sont peuplés de fleurs exotiques, de matériaux plastiques et de textures éclatantes. En jouant sur le mouvement, les reflets et la perspective, l’artiste compose des tableaux vivants aux couleurs acidulées où les objets se transforment en permanence. Ils deviennent les protagonistes de paysages fragmentés, témoins des mutations écologiques et des interactions complexes entre le naturel et l’artificiel.
Inspirée par les neurosciences, l’installation part de l’idée que l’incertitude alimente la peur tandis que la compréhension favorise l’apaisement. A travers ses scènes, Johanna Hulláar propose de développer de nouvelles capacités d’adaptation, d’encourager la résilience, la curiosité et la transformation. Comme l’eau, capable de contourner les obstacles sans les affronter frontalement, nous sommes invités à apprendre à naviguer dans un monde complexe, à imaginer de nouveaux horizons et à réinventer notre manière d’habiter la planète.
Johanna Hullár (HU, 1989) est une artiste visuelle basée à Zurich, travaillant avec la photographie, les installations vidéo et la sculpture.
Diplômée en design de communication de la HTW Berlin et titulaire d’un master en photographie de l’ECAL (École cantonale d’art de Lausanne), elle développe une approche transdisciplinaire entre images fixes et images en mouvement. Ses œuvres, souvent immersives, explorent les possibles visions du futur et l’interaction des éléments artificiels et naturels, à travers un prisme à la fois humoristique et féminin.
Lauréate des Swiss Design Awards en 2024, elle a exposé à l’international, notamment à la Swiss House Milano (2022), au Tokyo Photographic Research (2019) ou à Paris Photo (2018). En 2026, Johanna Hullár rejoint Futures Photography, sur nomination de Photo Elysée (Musée cantonal pour la photographie, Lausanne).
À travers différentes techniques de prise de vue, de tirage et d’impression, Santiago Martinez Benedetti explore les modes de reproduction, de transformation et d’apparition des images par la photographie. En questionnant la reproductibilité et l’unicité de l’œuvre, il met en avant des procédés manuels où le geste demeure central, réaffirmant la dimension matérielle de l’image à l’ère numérique.
La proposition Feuille, caillou, ciseaux est un ensemble de trois séries, qui reprennent les éléments de ce jeu, également connu sous le nom de chifoumi. Une paire de ciseaux géante accueille les visiteurs. Réalisées avec un appareil photographique hybride, conçu par l’artiste, ces images déforment progressivement l’objet jusqu’à lui conférer une présence presque anthropomorphe. Agrandies dix fois, les images de Ciseaux sont reproduites en sérigraphie, jusqu’à atteindre une échelle humaine.
Caillou est une tentative d’effacer une image avec elle-même. Pour cette série, l’artiste superpose un positif et un négatif au format 4×5 en se demandant si l’image va disparaître. Le résultat de ce jeu n’est ni une addition ni une soustraction : une empreinte reste perceptible sur le papier. Le tirage argentique fixe cet état de résistance d’une image face à son effacement. La troisième série est constituée de photogrammes réalisés à partir de feuilles A4 pliées. Dans Feuille, ce qui est habituellement un support devient le sujet. Banale et industrielle, la feuille de papier prend des formes multiples et se confronte à l’unicité du tirage argentique baryté.
À l’image du jeu dont il emprunte le titre, Feuille, caillou, ciseaux repose sur un équilibre où aucun élément ne l’emporte durablement sur un autre. Entre reproduction et original, contrôle et imprévu, fragilité et résistance, l’artiste ouvre un espace de réflexion sur les propriétés et les métamorphoses de l’image photographique.
Santiago Martinez Benedetti (CH – CO, 1996) est basé à Lausanne. Sa pratique est marquée par une approche brute, spontanée et conceptuelle.
Diplômé d’un Bachelor en photographie de l’ECAL (École cantonale d’art de Lausanne) en 2020, il développe un travail à la croisée de l’image et de l’édition. En 2024, après une résidence au Verzasca Foto Festival, il initie Torbola 31, projet récompensé par le Swiss Design Award en 2025.
Parallèlement, il fonde Siestaaa Papers, une maison d’édition indépendante dédiée aux collaborations avec artistes et designers.
En 2026, Santiago Martinez Benedetti rejoint Futures Photography, sur nomination de Photo Elysée (Musée cantonal pour la photographie, Lausanne).
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