Looking for Love
Tom Wood est un enfant de la working class anglaise. Son père, d’origine irlandaise, avait immigré pour travailler dans l’industrie automobile. Tom Wood passe son enfance à Oxford puis étudie la peinture à Leicester et habite à Liverpool. Aujourd’hui il vit et travaille à Gaerwys, dans le Pays de Galles.|
on sujet est le même que celui de Martin Parr : monsieur tout le monde photographié dans ses loisirs, mais aussi ses moments creux et ses flottements (il est rare que Tom Wood s’intéresse aux gens au travail). Toutefois, à la différence de Martin Parr, il vit avec ses modèles, appartient à leur monde. Dans leur milieu, il n’apparaît pas comme un intrus ou un observateur distant, traquant avec une délectation cruelle les mœurs d’espèces exotiques de la dernière génération, c’est à dire d’espèces qui vivent dans le quartier à côté du vôtre et non sous les Tropiques. Ses modèles ne sont-ils pas la plupart du temps ses copains, ses voisins ? Dans Looking for Love, il nous embarque d’ailleurs dans une discothèque de Chelsea Reach où il avait l’habitude d’aller retrouver des amis, pour traîner, ou « se défoncer, mater et draguer ». Les images qu’il en ramène ont souvent été prises au cœur de la mêlée qui oppose des hommes de toute évidence à la recherche du seul plaisir à des femmes davantage soucieuses de rencontrer l’âme sœur ou le prince charmant. Les rapports hommes-femmes ont rarement été montrés de manière aussi directe, aussi crue : dans l’objectif de Tom Wood, ils apparaissent comme une véritable confrontation mettant en présence des chasseurs et leurs proies.
Les villes des grandes friches industrielles de l’Angleterre sont le territoire sur lequel opère Tom Wood. Mais ce n’est pas leur environnement de terrains vagues et d’architectures déclassées qui retient son attention. Il aime beaucoup mieux photographier leurs habitants, les gens des couches populaires. A ses yeux, le fait qu’ils ne soient pas médiatisés, qu’ils soient anonymes, représente un gros avantage. Contrairement à certaines tendances lourdes d’aujourd’hui qui se focalisent sur les personnalités, Tom Wood aborde les choses d’un point de vue collectif, ses modèles n’ayant souvent d’autre identité que celle de la rue où ils habitent.
« Tom Wood se fait le chroniqueur de la classe ouvrière anglaise. Il est le street guy qui ravive la street photography passée pour morte après Lee Friedlander et Garry Winogrand. » Joerg Bader