Fin 2012, le livre In Jesus’ Name est interdit par le tribunal d’arrondissement de Zurich. Après s’être intéressé au politique et à l’économie dans Protokoll (2007) et Tropical Gift (2010), Christian Lutz (CH, 1973) se penche sur le religieux. Pour le dernier volet de sa trilogie sur le pouvoir, le photographe s’immerge pendant plus d’une année dans le mouvement évangélique International Christian Fellowship (ICF). Il passe du temps au sein de cette communauté, rencontre ses membres, explique son projet et son travail.
À peine en librairie, le livre In Jesus’ Name est attaqué en justice : 21 personnes figurant dans l’ouvrage portent plainte pour atteinte à l’image. L’affaire fait grand bruit. L’exposition Trilogie est maintenue début 2013 à Photo Elysée, incluant les trois volets. Avec le graphiste Pablo Lavalley, Christian Lutz élabore un concept pour présenter les images de In Jesus’ Name : les visages sont recouverts d’un bandeau noir sur lequel figure la plainte. En avril 2013, In Jesus’ Name est définitivement retiré de la vente.
Aujourd’hui, In Jesus’ Name (resurrected), publié par les Éditions Patrick Frey, revient sur l’affaire et met en regard les photographies de la série avec le contenu des plaintes. En dévoilant les requêtes des plaignant·e·s et les réponses de l’avocate de l’auteur, l’ouvrage révèle le malaise. Cette affaire reste aujourd’hui encore l’un des rares cas de censure de livre de photographie en Suisse.